Valorisation du Jatropha au Sénégal

Opportunité de création d’une entreprise rurale à Kaffrine

Technologies for Human Development (THD) accompagne depuis 2008 l’émergence d’une entreprise rurale spécialisée dans la production d’huiles végétales de qualité dans le département de Foundiougne (SOPREEF), dans le cadre d’un partenariat avec une association de producteurs agricoles.

THD a ainsi développé un savoir-faire dans la production d’huiles végétales de qualité à partir d’essences locales oléagineuses locales variées : jatropha, neem, moringa, baobab, sésame, pastèque, balanites, arachide, bissap, luufa, etc… Elles sont utilisées comme biocarburant, insecticide biologique, cosmétique ou pour l’alimentation humaine et leurs tourteaux valorisés comme amendement organique ou aliment du bétail.

Après 5 années d’investissement et des premiers résultats très encourageants, l’objectif de THD est de promouvoir le modèle d’entreprise rurale solidaire développé à Sokone et sa reproduction dans d’autres régions du Sénégal.

Potentiel d’utilisation d’huile de Jatropha au Sénégal

THD a réalisé en 2013 une étude des régions où la création d’une entreprise rurale spécialisée dans la production d’huile pourrait être envisagée.

Les éléments pris en compte en priorité sont les suivants :

  • Le Jatropha ne peut atteindre de rendements acceptables que dans des zones où la pluviométrie est supérieure à 800 mm
  • L’intégration du Jatropha dans les systèmes agricoles paysans peut être motivée par la nécessité de restaurer la fertilité de sols dégradés et d’améliorer la productivité des cultures par une meilleure maîtrise des eaux de ruissellement : la zone de fluctuation de l’isohyète 500 mm constitue donc une cible privilégiée dans une perspective de contribution à l’aménagement du territoire
  • L’existence d’un marché local potentiel : centrales électriques ou forages ruraux alimentés par groupe électrogène ou par des systèmes hybrides (solaire/thermique).

Une attention particulière est accordée aux forages ruraux

  • La demande en eau, et donc en carburant nécessaire pour le pompage
    est solvable et évolue régulièrement sous l’effet conjugué de la densification de la desserte et de l’augmentation des niveaux de consommation
  • Un grand nombre de forages ruraux (plus de 1400) sont équipés de groupes électrogènes : les performances réalisées en matière d’accès des populations rurales à l’eau potable risquent d’être fortement compromises lorsque surviendront des difficultés d’approvisionnement en produits pétroliers, probablement au cours de la décennie à venir et de toute
    façon inéluctables.
  • La nécessité d’assurer la qualité de l’eau distribuée aux populations conduit par ailleurs à mettre en œuvre, dans les zones comme le bassin arachidier où les ressources sont fortement salées ou fluorées, des solutions de traitement de l’eau aujourd’hui bien maîtrisées mais exigeantes en énergie.
  • La technologie de pompage photovoltaïque a considérablement évolué au cours des dernières années, atteignant des débits comparables à ceux des systèmes équipant les forages qui aliment des adductions d’eau multi-villages : l’investissement initial élevé que requiert cette technologie constitue un handicap et de plus en plus on se tourne vers des solutions hybrides qui ont l’avantage par ailleurs d’une meilleure capacité d’adaptation aux fluctuations de la demande.
  • Un système de pompage fonctionne à débit constant et, si l’installation a été bien dimensionnée, le groupe électrogène qui équipe un système hybride fonctionne en permanence avec un taux de charge au moins égal à 80% qui garantit une bonne combustion de l’huile utilisée comme carburant en substitution à 100% au gasoil.

Le résultat est le suivant :

La substitution du gasoil consommé par les forages existants dans la zone de développement du Jatropha, même après hybridation à 50% en solaire, représente un marché de près de 800.000 litres par an et l’activité de plus d’une vingtaine d’entreprises du type de SOPREEF, créatrices d’emplois qualifiés et stables pour de jeunes ruraux.

Etude de cas : la région de Kaffrine

La demande potentielle minimum en carburant des forages thermiques de la région (convertis en systèmes hybrides 50% photovoltaïque ou électrique et 50% thermique) est de 135.000 litres par an. Pour satisfaire cette demande par la fourniture d’une huile végétale de haute qualité, il faudrait planter environ 1 million de plants de Jatropha.

En deux ans (2012/2013), l’ONG Word Vision à réalisé plus de 20% de cet objectif (en plus des plantations réalisées les années antérieures), dans le cadre d’un programme de régénération des sols.

Les plantations de Jatropha ont commencé à produire. Au rythme actuel de plantation, elles pourraient couvrir les besoins en huile des forages ruraux de cette région en une dizaine d’années : 10 ans, c’est le temps de renouvellement de l’ensemble des équipements de pompage actuels, qui devrait se traduire par leur transformation progressive en systèmes hybrides.

Kaffrine est par ailleurs une grande région agricole. On y cultive l’arachide, le coton, le soja, mais aussi la pastèque et le sésame : ce sont toutes des plantes oléagineuses. Le développement de leur culture constitue un potentiel intéressant de diversification des revenus d’une huilerie rurale.

L’étude réalisée par THD présente le contexte de création d’une telle entreprise dans le département de Birkelane. Contactez THD pour toute information complémentaire sur la rentabilisation des investissements à réaliser.

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Produire de l’huile de Jatropha dans la région de Kaffrine

publié par   Bruno Legendre
le jeudi 26 juin 2014
 
 

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