Abdoulaye Diakhate, entrepreneur solidaire

SOPREEF prend son envol

Pendant 6 ans, depuis 2008, Abdoulaye Diakhate a coordonné le programme Energie Eau Solidarité Foundiougne (EESF), animé les partenariats qui l’ont accompagné et mobilisé paysans et éducateurs autour d’un projet d’entreprise solidaire.

Un investissement de 400.000 Euros a été réalisé, plus de 200 paysans sont mobilisés, plusieurs dizaines de milliers d’arbres sont plantés chaque année, les enfants d’une vingtaine d’écoles primaires découvrent les richesses de leur région et l’avenir qu’elle peut leur offrir.

Et surtout, une entreprise est née...

En 2015, Abdoulaye décide de relever le défi qu’elle lance.

SOPREEF

SOPREEF, Société pour la Promotion de l’accès à l’Énergie et à l’Eau dans le département de Foundiougne, a été créée en 2008, avec trois objectifs stratégiques :

  • Elle se veut "Entreprise solidaire" : le projet social qu’elle porte est prioritaire sur la rentabilité financière des capitaux qui y ont été investis, et ses administrateurs veillent scrupuleusement à ce que tous les acteurs qu’elle mobilise bénéficient d’un traitement équitable.
  • Elle entend proposer une alternative aux schémas agro-industriels pour une production durable de biocarburants : celle-ci doit constituer pour le monde rural une source de revenus et d’énergie indispensables au développement local.

En 6 ans, SOPREEF a établi des partenariats forts, qui l’ont soutenue dans la mobilisation de financements mais, surtout, qui l’ont accompagnée dans la promotion et la mise en œuvre des principes de solidarité et d’équité sur lesquels elle s’est engagée à asseoir sa gouvernance.

Les équipements dont elle est dotée lui permettent de produire plus d’une dizaine d’huiles de qualité aux usages variés (approvisionnement en énergie, mais aussi cosmétique, agriculture, alimentaire), et elle compte aujourd’hui dans son portefeuille de clientèle des acteurs internationaux du secteur de la cosmétique.

2015, une nouvelle étape

Les acquis du programme EESF sont en train d’être capitalisés pour consolider le cadre de gouvernance de SOPREEF et renforcer la capacité de l’entreprise à mobiliser les ressources humaines, techniques et financières nécessaires à son développement.

Ainsi deux outils majeurs seront bientôt en place :

  • Une charte d’associés qui décrit avec précision le modèle d’entreprise solidaire proposé par SOPREEF et les mécanismes de sa gouvernance ;
  • Un mécanisme innovant de financement, qui s’inscrit dans toute la dimension que le programme EESF a donné aux principes fondamentaux de solidarité et d’équité.

L’entreprise est prête désormais à prendre son envol.

Celui-ci, cependant, ne sera vraiment possible que si ceux qui la pilotent ont une confiance absolue dans l’avenir entraperçu et s’y investissent complètement, solidaires de ceux qui depuis 8 ans ont sans faille tenus leurs engagements et résolument endossé les risques auxquels ils ont dû faire face.

Abdoulaye Diakhate

Abdoulaye a décidé de relever ce nouveau défi.

Quitter l’emploi stable qu’il occupait depuis 8 ans, pour prendre en main la direction de SOPREEF. C’est une décision difficile, qui engage, avec lui, sa famille.

Par cette décision courageuse, il honore la confiance qui lui a été faite pendant les années d’investissement et de mobilisation, années durant lesquelles d’autres ont pris des risques élevés car rien n’existait encore que ce qui paraissait aux yeux de beaucoup être une utopie.

Le défi auquel il fait face, c’est de développer l’activité à un niveau qui assure sa rémunération, tout en maintenant et consolidant les règles et principes de gouvernance qui ont été établis et identifiés comme facteurs clefs pour le développement des compétences, la mobilisation de nouveaux financements, et pour la multiplication du schéma d’entreprise.

La décision d’Abdoulaye est un acte de vraie solidarité, celle qui va bien au-delà des discours enthousiastes que des experts de tous ordres tiennent sur les dynamiques rurales et le développement durable, mais sans jamais pourtant envisager qu’ils pourraient, eux-aussi participer à cet avenir radieux qu’ils proposent, et d’ores et déjà en partager les risques.

Ce que l’on croit bon pour les autres, ne le serait-il pas par hasard aussi pour nous mêmes ? Abdoulaye a pris, avec toute l’honnêteté qui est la sienne, avec une juste crainte devant les limites de ses propres capacités, mais confiant dans l’accompagnement despartenaires de SOPREEF, le parti de la vérité.


publié par   Bruno Legendre
le jeudi 8 janvier 2015
 
 

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