Chronique EESF n°15 - novembre 2010

Notre engagement, c’est de traduire en actes nos intentions

Faire reconnaître ce que nous sommes

La réalisation de certains objectifs du programme EESF demande la mobilisation de financements dont les montants dépassent notre capacité personnelle d’investissement. Dans la quête de ces ressources nous sommes en permanence confrontés aux inquiétudes de nos interlocuteurs face entre autres au risque que représente le développement des biocarburants s’il ne s’intègre pas dans une dynamique dans laquelle les paysans sont étroitement associés ; l’image qu’ils ont de notre action est alors déterminante dans leur décision de nous accorder leur appui.

Internet est devenu un puissant outil de communication et d’information. Malheureusement même les organisations les mieux intentionnées ne maîtrisent pas la qualité des informations diffusées sur les espaces qu’elles mettent à disposition de leurs membres.
Nous tentons, lorsque que les auteurs autorisent un droit de réponse à leurs publications, d’apporter notre contribution à la réflexion et de partager notre expérience. Mais ce n’est pas toujours possible. Et cela ne suffit pas ; notre seule parole représente trop peu.

C’est pourquoi nous avons lancé, il y a quelques semaines, un appel à témoignages auprès de tous ceux qui connaissent le programme EESF ou s’y intéressent. Par leur qualité, les soutiens que nous avons reçus sur le site internet Vivre un Développement Durable attestent publiquement combien le mouvement que nous animons touche en profondeur des sensibilités variées.

Notre souhait est de voir un jour notre initiative reconnue et portée par ceux qui se sont donnés pour mission de promouvoir les initiatives locales pour la solidarité internationale et le développement durable. Chaque fois que l’occasion nous est donnée, nous les invitons à s’y intéresser, à mener toute enquête qui leur permettrait de parler en toute indépendance de notre démarche et nos activités. Mais il est difficile de se rendre visible et de se faire entendre lorsque l’on a peu de ressources.

Ainsi nous avons récemment approché une ONG internationale fortement engagée dans un plaidoyer pour la mise en œuvre d’initiatives locales alternatives aux projets agroindustriels et la transformation par les paysans de leur propre production. Nous avons été profondément attristés de la voir, le mois dernier, mener une campagne aveugle contre les biocarburants à Bambougar, au siège même de l’un de nos groupements de producteurs. Nous lui avions offert notre collaboration ; elle nous a déçus.

Le programme EESF n’est ni un rêve ni une manipulation ; il n’est figé sur aucun dogme. Il est une ouverture, pour nos enfants, sur l’avenir ; et c’est là une chose sérieuse que nous ne laisserons pas dénaturer. Pour tous ceux qui nous accordent leur confiance et osent en témoigner, nous essayons de traduire en actes les principes que nous proclamons.

Une huilerie de Sokone, enfin !

Grâce à la mobilisation croissante autour de nous, nous devenons plus crédibles. C’est en s’y référant que Présent d’Avenir a su mobiliser le soutien du Conseil Régional Midi-Pyrénées, de la Fondation Poweo et de l’Association La Nef. Ainsi notre projet de créer une huilerie à Sokone pourra bientôt voir le jour : ce sera un centre de formation de techniciens ruraux et ses revenus permettront d’autofinancer la coordination du programme EESF.

  • La mairie de Sokone a attribué à SOPREEF un terrain de 625 m² et les travaux de construction d’une première tranche de bâtiments sont en cours de démarrage.
  • L’Atelier du Lys a réalisé un test de pressage avec des graines de Jatropha et de Neem, dont les résultats seront très prochainement publiés sur le site du Riaed, et la commande des équipements d’extraction et de filtration d’huile est en cours.
  • Et, alors que la récolte bat son plein en cette fin d’hivernage et que nos premières plantations sont entrées en production, SOPREEF peut commencer à acheter des graines de jatropha et de sésame : les premiers financements sont arrivés juste à temps.

Bien sûr les moyens mobilisés sont encore insuffisants pour réaliser notre projet dans son ensemble, mais une dynamique est initiée et nous ne ménagerons aucun effort pour l’entretenir et la développer. Et là encore nous ne manquons pas de ressources…

Notre principale ressource, une somme d’énergies individuelles

Présent d’Avenir, n’est pas simplement un relais auprès de partenaires financiers en France : c’est d’abord un réseau d’épargnants solidaires, c’est-à-dire la convergence d’engagements individuels pour la réalisation d’un monde plus humain.

Ainsi quatre jeunes africains ont organisé au Fossat, petite ville d’Ariège, un dîner-débat autour d’une présentation du programme EESF qui a mobilisé 82 personnes : un très grand merci à Khadi et Louisa (du Sénégal), Isabelle (du Cameroun), et Isaac (du Ghana), ainsi qu’à la délégation locale de la Croix Rouge qui leur a apporté son appui.

Et puis le site internet ‘Vivre un Développement Durable’ se voudrait être un espace de partage sur les valeurs qui fondent notre action. Chacun d’entre vous est vivement invité à y contribuer : par la diversification des articles et des auteurs, en rendant visible une véritable communauté de pensée, nous donnerons du poids aux espoirs que chacun d’entre nous porte au quotidien.

Enfin notre partenariat avec la Fédération des Producteurs de Tabanani de Foundiougne doit continuer à s’enrichir de gestes concrets, rendant visible, dans les villages du Saloum tout comme au Fossat ou sur internet, un investissement partagé pour un avenir meilleur, une communauté d’action.

La démarche dans laquelle nous sommes engagés ne nous appartient pas ; il est de notre devoir de transmettre aux plus jeunes notre conviction qu’il leur est possible de se côtoyer en paix dans ce monde s’ils savent en partager les richesses.


publié par   Bruno Legendre
le mercredi 1er décembre 2010
 
 

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