Il y a 130 ans environ, une enfant de 12 ans, dont les parents étaient paysans dans l’ouest de la Sarthe, était en classe de CM2. Elle devait rédiger un texte sur les principaux modes d’éclairage. Lorsqu’elle évoque « l’électricité à lumière », elle en parle comme quelque chose de tout nouveau, pratiquement inaccessible, réservé à quelques grandes villes, et que l’on aborde avec un peu d’appréhension. Mais elle avait confiance, et espoir sans doute, dans ces « grands savants » dont les travaux étaient entrain de transformer les conditions de vie.
Quels sentiments habitent aujourd’hui une enfant, fille de paysans, du village de Ngarane au Sénégal ? L’électricité n’est plus une nouveauté. Elle est là, à quelques kilomètres seulement, dans de nombreux villages. Mais sa famille à elle continue à vivre au rythme du soleil, à s’éclairer avec des lampes à pétrole ou des bougies. Elles sont parfois remplacées par des lanternes solaires, mais qu’est-ce que cela change vraiment ? L’électricité, on en attend maintenant beaucoup plus que seulement de l’éclairage !
Petit à petit la confiance et l’espoir s’évanouissent et la frustration durcit les cœurs. Les « experts » ont remplacé les « savants » et ils ont trahi les rêves des petites filles.
